Le récit commun d’une production de 45 ouvrages synthétisés en 9 volumes

Le récit commun d’une production de 45 ouvrages synthétisés en 9 volumes

Le projet de l’Histoire générale du Sénégal (HGS), lancé en 2013 sous l’impulsion du regretté Pr Iba Der Thiam, poursuit son ambition de doter le Sénégal d’une œuvre historique de référence, couvrant son histoire des origines à l’époque contemporaine.

Le rapport général 2024-2026, présenté au chef de l’État le 8 avril 2026, fait état d’un important travail scientifique réalisé par des centaines de chercheurs et d’historiens. Au total, 45 ouvrages ont été produits et organisés en 9 volumes, couvrant cinq grandes périodes historiques, dans une démarche inspirée notamment de l’Histoire générale de l’Afrique.

L’objectif est de dépasser la dispersion des travaux historiques et de construire un récit national cohérent, intégrant les différentes périodes, régions, communautés et thématiques qui ont contribué à façonner l’histoire du Sénégal.

Le premier volume est consacré aux fondements et aux héritages du Sénégal ancien. Il aborde notamment les premiers peuplements, les mégalithes, les tumuli, les amas coquilliers ainsi que les productions matérielles des civilisations sénégambiennes. Les relations entre l’Égypte ancienne et l’Afrique noire et les sources endogènes sont également prises en compte.

Le deuxième volume porte sur la construction politique et territoriale entre le Xe et le XVIe siècle. Il retrace notamment le passage du système des Lamanes, fondé sur l’autorité des premiers occupants et la maîtrise de la terre, vers l’émergence des royaumes et de nouvelles formes de pouvoir politique.

Le troisième volume s’intéresse aux dynamiques régionales et aux ressources économiques entre le XIIIe et le XIXe siècle. Il accorde une place importante au Gabbu ainsi qu’au rôle du sel dans l’organisation des échanges commerciaux et des territoires.

Le quatrième volume examine les mutations politiques des XVIe et XVIIe siècles. Il revient sur l’évolution des grands ensembles politiques, la bipolarisation du Sénégal et les relations historiques entre la Sénégambie et la vallée du Mississippi, notamment à travers les déplacements forcés de populations africaines et la transmission de leurs savoirs dans les Amériques.

Le cinquième volume est consacré aux résistances, aux épreuves et au renouveau religieux entre 1815 et 1914. Il traite notamment de la conquête coloniale et des différentes formes de résistance développées par les sociétés sénégalaises. Des figures comme Maba Diakhou Ba, Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Koki Ndiaga Isseu Diop et Moussa Molo y occupent une place importante. Le volume revient également sur le développement de la Tijaniyya et la naissance de la Muridiyya.

Le sixième volume porte sur l’appareil colonial et ses acteurs entre 1854 et 1920. Il étudie le fonctionnement de l’administration coloniale à travers les fonctionnaires, auxiliaires civils, militaires et paramilitaires africains. Cette approche permet notamment de mieux comprendre le rôle des intermédiaires africains dans le système colonial.

Le septième volume traite des crises sociales et des mémoires militaires entre 1930 et 1960. Il revient notamment sur la grève des cheminots de Thiès en 1938, le massacre de Thiaroye, la participation des Sénégalais à la Seconde Guerre mondiale et l’engagement des tirailleurs en Indochine. Ces événements sont replacés dans le contexte de la montée des revendications sociales et politiques qui ont précédé l’indépendance.

Le huitième volume est consacré à la construction de l’État, aux infrastructures et aux conquêtes démocratiques. Il met en relation l’électrification, l’industrialisation, le développement des services publics et l’évolution des institutions. L’histoire contemporaine de la Casamance y est également abordée.

Enfin, le neuvième volume rassemble les travaux consacrés aux cultures, aux identités et aux traditions intellectuelles. Il aborde notamment l’historiographie, les cultures wolof et sérère, l’enseignement arabo-islamique, les familles maraboutiques, les métiers ainsi que l’histoire du sport. L’œuvre de Cheikh Anta Diop y est présentée comme une contribution majeure au renouvellement de la pensée historique africaine.

À travers cette organisation en neuf volumes, l’Histoire générale du Sénégal entend ainsi réunir des recherches longtemps dispersées et proposer un récit historique national couvrant les différentes dimensions politiques, sociales, économiques, culturelles et intellectuelles de la construction du Sénégal.

Source : Le Soleil

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