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Numerique

L’association Synergie pour l’Education au Numérique et aux Média (SENUM), organise une session de sensibilisation et de formation sur l’éducation aux médias et à l’information (EMI) destinée aux élèves et aux enseignants.

La formation a pour objectif de «conscientiser les enseignants et les élèves pour un usage plus responsable des contenus des médias au Sénégal». Prévue du 25 et le 27 octobre 2021, elle rentre dans le cadre de la Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information organisée annuellement par l’UNESCO. 

 «Pour cette année SENUM cible 30 enseignants du primaire et du moyen-secondaire de la région de Dakar et  50 élèves provenant des clubs SENUM de la région de Dakar»

La  Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté et,  la Fondation René Cassin, l’Institut international  des droits de l’homme (FRC), en partenariat avec le Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (BRAO/HCDH)  ont annoncé l’ouverture à Dakar d’une formation  sur le thème  « Numérique et Droit International des Droits de l’Homme ». Un événement qui entre dans le cadre de la 12ème session annuelle de formation en droit international des Droits de l’Hommes qui se tiendra du 13 au 24 Septembre à la maison de la presse.

130 auditeurs prendront part à cette formation dont l’objectif est d’offrir à un public francophone, originaire d’Afrique et issu de la famille judiciaire, des organisations de droits de l’Homme et des forces de l’ordre ainsi qu’aux officiels gouvernementaux, un accès à un enseignement d’excellence dans le domaine du droit international des droits de l’Homme et de contribuer à sa promotion dans le cadre des institutions nationales des Etats et de leurs juridictions.

La cérémonie de lancement s’est tenue ce matin en présence du Ministre de l’Economie numérique et des Télécommunications, Yankhoba Diattara.

 Selon Jo Holden Directeur de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté (FNF) « Le choix de ce thème s’explique par la position axiale qu’occupent le Numérique et les systèmes d’information dans la croissance et la compétitivité des Nations à l’échelle planétaire. Ils constituent actuellement les secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale avec un taux de croissance double de celui de l’économie classique dans la plupart des pays développés. »

Conscients du caractère irréversible de la révolution numérique, de la nouvelle dynamique de développement qu’elle propulse et des enjeux liés à la protection de la dignité humaine et des droits fondamentaux de la personne humaine à l’ère du numérique, la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté et la Fondation René Cassin, Institut international des droits de l’Homme (FRC), en partenariat avec le Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (BRAO/HCDH) dans le cadre de son projet PROMIS, conjoint à l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), visant à élaborer une réponse fondée sur les droits de l’homme au trafic de migrants, l’Ambassade de France au Sénégal, le Comité sénégalais des droits de l’Homme (CSDH) et la Délégation de l’Union européenne au Sénégal (DUE) ont choisi de faire du Numérique le thème de la 12ème édition de la formation délocalisée en droit international des droits de l’Homme.

Pour Andrea Ori Directeur régional du BRAO/HCDH, « les nombreux avantages qu’offre la technologie numérique sont énormes, notamment sa valeur du point de vue des droits de l’homme et du développement. Tout comme il y a matière à analyser les enjeux du numérique par exemple vis-à-vis des droits des migrants en garantissant un engagement maximum du point de vue de la communication dans l’optique d’une protection renforcée des droits des migrants et réfugiés en termes d’assistance au niveau du contrôle des frontières. En Afrique de l’Ouest et au Sahel les données numériques constituent déjà un enjeu de taille dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme. »

L’organisation de cette session de formation délocalisée répond à une exigence des acteurs du domaine d’être bien outillés pour mieux faire face à leur obligation de défendre et de promouvoir les libertés et les droits fondamentaux des citoyens ainsi que le renforcement de l’Etat de droit et de la culture démocratique en Afrique. Les organisateurs comptent ainsi contribuer au renforcement des structures nationales, afin qu’elles manient avec de meilleurs outils les situations relatives à la protection des droits de l’Homme.

Le processus de digitalisation peut contribuer à la croissance des pays en développement (PED), notamment en favorisant l’essor du secteur privé et l’inclusion financière. Le déploiement d’internet à haut débit permet d’améliorer la productivité et donc le potentiel de croissance des entreprises. La diffusion des services financiers mobiles encourage la fluidité des transactions, l’entreprenariat et le secteur formel, facilitant la mobilisation des ressources fiscales, un enjeu majeur pour les PED. Pour que ses effets sur le développement soient durables, les risques associés à la digitalisation doivent être maîtrisés.

Évolution de la digitalisation dans les pays en développement (2007-2017)

Source : International Telecommunication Union (ITU), Mobile money Deployment Tracker (GSMA) et calculs Banque de France

 

 

Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) accroît la productivité des entreprises.

L’utilisation d’internet permet d’accroître significativement les performances des entreprises des pays en développement (PED). À partir de données d’entreprises de la Banque mondiale (World Bank Enterprise Survey) agrégées par localisation, Cariolle, Le Goff et Santoni (2019) montrent qu’une hausse de 10 % de l’utilisation d’internet augmente d’environ 37% les ventes moyennes des entreprises des PED et d’environ 22% leurs ventes moyennes par travailleur. Ces effets positifs sont principalement tirés par le secteur des services.

Effet du recours aux courriels sur les performances des entreprises dans les PED

Effet du recours aux courriels sur les performances des entreprises dans les PEDSource : Cariolle, Le Goff et Santoni (2019)

 

Ces gains de productivité proviennent d’une meilleure transmission de l’information. L’accès à internet rend moins coûteux et plus rapides les échanges avec les différents interlocuteurs de l’entreprise (clients, fournisseurs, etc.), parfois très distants, induisant une réduction des coûts de transaction. L’accès à une information plus dense, plus rapide et moins onéreuse, favorise la transmission de connaissances, favorable à une élévation de la productivité des travailleurs et à l’innovation. Ces effets positifs ne sont toutefois pleinement ressentis que dans la mesure où les entreprises adaptent leurs capacités de traitement à cet afflux massif d’informations supplémentaires (Cordella, 2001).

Les NTIC facilitent également l’accès des entreprises des PED aux marchés internationaux, ce qui peut favoriser leur capacité à exporter (Clarke, 2008) et leur productivité. Selon la théorie du « learning-by-exporting », en acquérant de nouveaux savoir-faire en contact avec les clients étrangers, et en étant confronté à davantage de concurrence, les firmes exportatrices sont plus productives que les autres (Cruz et al., 2017).

Enfin, la publication d’offres d’emploi en ligne et le développement des réseaux professionnels numériques permettent d’élargir les bassins d’emplois accessibles aux entreprises, augmentant ainsi leurs chances de recruter du personnel aux compétences adéquates. Cela est particulièrement important pour les entreprises des PED, pour lesquelles le recrutement de personnels compétents constitue souvent un obstacle au développement de leur activité. Enfin, l’émergence de nouveaux services en ligne, tels que les services de paiements des impôts ou des taxes douanières, les services bancaires, etc., qui se développent rapidement en Afrique sub-saharienne, constituent des gains supplémentaires d’efficacité pour les entreprises.

 

Dans le domaine financier, la digitalisation favorise l’inclusion financière des PME, la formalisation de l’économie et la mobilisation des ressources fiscales.

La digitalisation financière permet aux PED de bénéficier d’importants effets de rattrapage. Les PED accusent d’importants retards dans le développement des infrastructures et des réseaux bancaires, et possèdent des niveaux d’accès au crédit plus faibles pour les entreprises (33 %, contre plus de 75 % dans les pays avancés). Les services financiers mobiles (SFM) ont profité du déploiement à moindre coût des réseaux de téléphonie mobile pour proposer une gamme croissante de services financiers aux entreprises : moyens de paiement, crédit, assurance, épargne. Or, l’inclusion financière des entreprises constitue une source de productivité importante (L. Chauvet,  L. Jacolin, 2016)

En favorisant l’inclusion financière, les SFM participent également à la formalisation des économies des PED, le secteur informel représentant dans ces pays une part significative de l’activité économique (35 % du PIB en moyenne selon le FMI). L’usage des moyens de paiement mobiles permet aux entreprises de réaliser d’importants gains de productivité par rapport à l’utilisation de la monnaie fiduciaire via la sécurisation et une baisse des coûts de transaction. L’utilisation des SFM génère des quantités de données considérables (big data) simplifiant l’évaluation de la solvabilité des emprunteurs. En réduisant les asymétries d’information, le déploiement des SFM permet d’améliorer l’accès au crédit des entreprises, ce qui constitue pour elles une incitation puissante à entrer dans le secteur formel. Keneck, Jacolin et Noah (2019) montrent ainsi que l’arrivée des SFM a débouché sur une réduction moyenne de la part du secteur informel de l’ordre de 2 à 4 % du PIB sur la période 2000-2015. Ces effets pourraient s’amplifier avec la diffusion de ces services et leur diversification.

Grâce à ses effets incitatifs, la digitalisation peut contribuer aux efforts de mobilisation des ressources fiscales. Alors que les transactions économiques dans les PED, en particulier dans leur secteur informel, sont caractérisés par une prédominance du cash, le développement des SFM peut permettre d’accroitre la transparence des transactions et d’en diminuer les coûts. La formalisation de l’économie induite peut ainsi aboutir à un élargissement des bases fiscales et une meilleure collecte, ainsi qu’à une meilleure efficacité des administrations fiscales et douanières, notamment dans la lutte contre la fraude. Ces effets indirects s’ajoutent aux gains directs de mobilisation des ressources générés par la digitalisation des administrations fiscales elles-mêmes (collecte, lutte la fraude), estimées à près de 110 milliards USD par an.

 

Pour qu’elle soit un outil de développement durable, les risques liés à la digitalisation doivent être maitrisés.

Grâce à ses effets de rattrapage (leapfrogging effects), la digitalisation (accès à internet, services financiers mobiles) peut être considérée comme une des réponses aux importants déficits d’infrastructures de transport des PED, qui nécessitent, pour l’Afrique seulement, des investissements annuels de l’ordre de 47 milliards USD. Pour tirer parti de manière soutenable des externalités positives créées par l’innovation technologique, il convient toutefois d’en gérer au mieux les risques.

Le processus de digitalisation lui-même peut fournir des réponses à certains de ces risques, particulièrement dans des pays aux infrastructures administratives limitées. Au-delà des administrations fiscales, certains PED se sont attachés à digitaliser et donc sécuriser les états civils ou les cadastres. En Inde, la base d’identification biométrique Aardhar couvre ainsi plusieurs centaines de millions de personnes, facilitant l’authentification des utilisateurs de services numérisés. La transparence accrue permise par la digitalisation, ainsi que l’exploitation des données digitales fournies en masse (big Data) peut également aider à combattre les mouvements de capitaux illicites (blanchiment, financement du terrorisme) et contribuer à améliorer la gouvernance de ces pays.

Il parait en outre crucial de consolider les infrastructures physiques sous-jacentes à l’accès à internet (câbles sous-marins) et à la téléphonie mobile (réseau cellulaire). Leur vulnérabilité est particulièrement forte dans les PED, parfois exposés au changement climatique ou aux désastres naturels, à un manque de fiabilité des infrastructures énergétiques (réseaux électriques défaillants) ou aux structures de gouvernance fragiles (actes de sabotage, terrorisme). Les ruptures de service peuvent réduire significativement les gains de l’accès à internet (Cariolle, 2018).

Plus généralement, la lutte contre les « cyber risques » (fraude interne, vol de données, usurpation d’identité, ruptures de service) devient un enjeu majeur dans les pays en développement comme développés. L’enjeu en est d’assurer la fiabilité et la protection des données tant des entreprises, en particulier les PME, que des services financiers qui les accompagnent..

La digitalisation des entreprises, en tant que processus multiforme et mondialisé, implique une meilleure coopération internationale non seulement entre régulateurs nationaux mais aussi avec les acteurs même de l’innovation, en premier lieu en ce qui concerne la cybersécurité. Dans le domaine financier, qui intéresse directement les banques centrales, cette coopération est conduite notamment via les différents organismes internationaux de normalisation ou les groupes créés par le G20, comme le Partenariat Global pour l’inclusion financière. Créer en amont un écosystème proactif et sécurisant pour les nouveaux acteurs en favorisant les échanges entre autorités publiques et les acteurs de la digitalisation, à l’instar des Labs créés par plusieurs banques centrales européennes, peut enfin permettre d’évaluer et de maitriser en amont les risques de l’innovation tout en favorisant son développement.

Source entreprenanteafrique

Le 30 juillet 2020 au campus de Sangmélima, le Directeur Général de la Cameroon Radio TeleVision (CRTV), Charles Ndongo, a fait une communication spéciale au cours de la conférence organisée à l’Université Inter-Etats Congo-Cameroun.

 

Il a profité de l’occasion pour adresser un message à la jeunesse africaine en général et cerner les enjeux du numérique dans un monde de plus en plus interconnecté et saisir les nombreuses opportunités qu’offre ce gigantesque univers de possibilités aux jeunes pour développer l’économie Africaine de demain qui se veut plus compétitive.
intégralité du discours du Directeur Général de la CRTV.

Mesdames et Messieurs, chers amis bonjour,

Mes touts premiers mots seront pour vous, M. le Professeur Marcel FOUDA NDJODO. Je vous dois un triple merci au moins : pour votre bel accueil ; votre bienveillance si touchante et, surtout, l’occasion que vous me donnez de découvrir le magnifique campus de l’Université INTER-ETATS Congo-Cameroun, site idéalement inspirant…

Je devrais davantage vous remercier pour le choix du thème de cette causerie : « Le génie numérique, une chance pour la jeunesse africaine ».

Dans cet intitulé, il y a en effet des mots forts qui suggèrent, orientent et interpellent. D’abord Le génie. Il renvoie à un don exceptionnel ; ensuite le numérique. Il est la traduction par excellence de la nouvelle intelligence. Une intelligence dite artificielle, mais que l’on voit effacer toutes les barrières, frontières et œillères, tout en élargissant à l’infini le champ de tous les possibles.

Et enfin la jeunesse. Eh bien, vous êtes les premiers, chers amis les jeunes, les premiers à vous être emparés de cette invention qui rime avec la fougue qui est consubstantielle, en même temps qu’elle nous projette tous, certains à pas forcés, d’autres à grandes enjambées vers cette modernité qui vous va comme souliers de cendrillon parce qu’elle rime avec votre impétuosité caractéristique.

Ainsi de mon modeste point de vue, le génie, le numérique et la jeunesse sont autant de lucioles dans le ciel de la mère Afrique, notre cher continent qui a tant donné à l’humanité et qui attend toujours la juste rétribution de tous ses sacrifices.

Ne vous y trompez pas : je ne suis pas un spécialiste du numérique, mais un simple observateur du cours des saisons qui, micro au point et une saine mais tenace curiosité chevillée au corps, a bénéficié de la grâce exceptionnelle de scruter le monde et ses soubresauts.

Quand on a eu la chance et, probablement un indéniable privilège, de voyager quasiment partout, de côtoyer nombre de grands hommes, c’est-à-dire en somme de lire dans l’immense livre de la Vie, et cela pendant quatre décennies, on peut s’autoriser à avoir voix au chapitre sur des sujets qui courent et qui comptent.

Monsieur le Professeur FOUDA NDJONDO, mon cher Marcel, chers étudiants bien aimés, vous me donnez aujourd’hui l’occasion de partager mon regard singulier de vieux briscard du journalisme sur ce phénomène de société qu’est le numérique et sur ses impacts protéiformes sur vous, bel échantillon de la jeunesse africaine.

Je vais y aller en trois mouvements. Le premier révise avec vous le numérique dans un bref rappel historique et une mise en contexte africain. Le deuxième souligne les dérives et les travers d’un outil pensé comme un saut qualitatif vers la liberté. La troisième articulation va esquisser quelques pistes d’opportunités à explorer par votre génération, la génération androïde pour ne pas rater le coche de la révolution numérique.

Aux origines d’internet

Vous connaissez plus que moi, les repères d’internet terme dérivé d’internetting , qu’on peut traduire par l’interconnexion des réseaux. Je ne vais donc pas m’étendre sur le sujet. Tout juste vais-je indiquer que la décennie 1970 a vu fusionner la recherche à outrance de l’innovation technologique au sein de l’armée américaine et ce besoin compulsif de partager des savoirs et d’accéder à une plus grande liberté. Cette dernière ambition est portée, assez curieusement, par des hackers, vous avez bien entendu, des hackers, des pirates informatiques. C’est ce qu’on appelle les ruses de l’histoire.

D’un côté la transmission des données rapides, de l’autre la construction d’un maillage de connexions reliées par les autoroutes de l’information et de la communication. Cette toile géante est un réseau constitué de plusieurs réseaux autonomes néanmoins soumis à un ensemble de protocole standardisés qui facilite les échanges via le courrier électronique, la messagerie instantanée, le pair-à-pair, le streaming, la téléconférence, le World Wide Web.

C’est d’ailleurs grâce au Web qu’internet va progressivement conquérir le monde à partir de 1990 et soumettre la Planète à son diktat et à sa vitesse infernale. Il n’y a plus d’existence en dehors de cette plate-forme. En janvier 2020, 5 milliards d’individus étaient connectés sur les 7,7 milliards d’habitants de notre Terre, soit 65% de l’humanité.

Ces 30 dernières années, l’évolution du numérique a été fulgurante. On est ainsi passé à une multitude de contenus et d’usages :

  • Le Web 1.0, purement contemplatif des années 90 avec ses pages Web reliées par des hyperliens
  • Le Web 2.0, collaboratif. Le Web social, comme on l’appelle, s’est généralisé avec les blogs, WhatsApp, twitter, Instagram, Facebook et les autres.
  • Le Web 3.0, sémantique. Il intègre par exemple des fonctions d’apprentissage à distance, le e-learning, le e-commerce et les autres activités qui nécessitent un partage de données et leur réutilisation entre plusieurs applications.
  • Le Web 4.0 donne aujourd’hui la possibilité de travailler avec des outils uniquement en ligne. C’est le Cloud computing ou l’informatique en nuages avec des capacités de mémoire et de traitement de données exponentielles ! Certaines applications sont déjà concrètes comme le Big Data, l’intelligence artificielle, l’Internet des objets, les Espaces de travail virtuels.

Et l’Afrique dans ce boom numérique n’a pas à rougir. Son atout majeur est sa jeunesse. Sur son milliard et demi d’habitants, le continent affiche 70% de sa population en deçà de 35 ans. Le fossé numérique du départ a été comblé avec dans certains pays comme le Kenya, des taux de pénétration du téléphone mobile connecté à Internet de 100% chez les 15 à 35 ans ! C’est impressionnant !

Les pièges de la toile

C’est donc un nouvel écosystème hyper puissant qui se met en place. La révolution qui est entrain de se faire a malheureusement déjà dévoilé son côté hideux ! Dois-je énumérer ici tous les travers que charrie Internet, nouveau territoire peuplé de cyber maniaques et de cyber-psychopathes ?

C’est Sodome et Gomorrhe virtuel qui affiche sa perversité, magnifie l’immoralité et les écarts de comportements, promeut le mensonge et la désinformation, encourage le lynchage et le crime organisé. « Internet, dit Jacques SEGUELA, avec le sens de la formule qu’on connaît à ce grand publicitaire, c’est la plus belle invention de l’homme, mais aussi la pire des saloperies ! »

Que ne voit-on pas sur Facebook ? Que ne lie-t-on pas ? Que n’entend-t-on pas ? Les hommes et les femmes publics sont devenus des cibles de choix, des proies offertes. Cachés derrière leurs faux profils, des gangsters d’un autre genre opèrent en toute impunité, exposant faits et méfaits réels ou supposés de tous ceux qu’ils décident de combattre.

Personne n’est à l’abri d’atteintes gratuites à sa dignité. Aucune institution, aucun pays n’est à l’abri d’une escroquerie, d’une cabale, voire d’une campagne de déstabilisation ! Je ne reviens pas sur les attaques ignobles et les profanations des symboles de la République.
La situation est telle que le discours haineux, diffamatoire, raciste et tribaliste a trouvé un terrain fertile dans ce no man’s land qu’est devenu le cyber espace.

Les GAFAMI (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, IBM), géants du secteur semblent même impuissants face à l’ampleur des dérives. Il n’est pas jusqu’au président du pays le plus puissant du monde qui ne se soit fait rappeler à l’ordre, au détour de ses tweets jugés haineux bloqués en plein phénomène « Black lives matter » suite à la mort de George FLYOD.

Internet, danger virtuel, s’est échappé de la toile et envahit nos espaces de vie réelle. Les fake news viennent régulièrement polluer la famille, l’école, le travail, les amis, les cercles de voisinage. Des voyeurs digitaux et des vandales numériques ont transformé un outil d’échanges et de partage en instrument contondant qui blesse et dévisage.

Des lois sur la cybercriminalité ont du mal à prendre pieds dans cet univers sans visage. Il y a deux semaines, certains grands distributeurs de l’agroalimentaire aux Etats-Unis ont décidé de suspendre leurs publicités sur Facebook. Des sanctions économiques en signe de protestations contre l’expression haineuse.

Le numérique, un cercle vertueux

Pour autant, devrait-on vouer le numérique aux gémonies ? Assurément non ! Notre quotidien ne serait plus le même sans ces terminaux et autres objets connectés. Qui n’a pas apprécié, par temps de confinement, de pouvoir échanger avec un parent ou ami coincé à l’autre bout de la planète au cœur de la crise sanitaire du coronavirus.

Tous ces groupes whatsApp qui créent de nouvelles sociabilités sont venus briser l’isolement. D’un clic sur son téléphone portable, on peut trouver une pharmacie de garde, retrouver son chemin, faire un transfert d’argent…bref gérer une urgence !

Les technologies du numérique ont littéralement sauvé le monde en assurant un trafic permanent de données…imaginez-vous il y a quelques semaines encore, sans le numérique : le monde se serait écroulé, replié sur lui-même, tétanisé devant ce micro organisme redoutable, un virus étrange venu d’Asie.

Nous Nous nous sommes tous, ou quasiment tous, convertis au tout numérique, avec un boom des achats en ligne, la mode des visioconférences, les rencontres internationales et sommets en ligne, la digitalisation des procédures pour limiter les contacts, les cours à distance et même des soutenances de thèse virtuelles. Tout cela est magnifique ! Mais il y a mieux dans notre perspective.

En effet, ce réseau remodelé de la communication, a remis l’Afrique dans le coup ! Dans ce vaste marché, le continent peut se dévoiler dans sa variété, s’exprimer sur son authenticité, sortir de l’ornière dans laquelle l’ont plongé plus de cinq siècles d’exploitation.

Le digital est devenu le porte-voix en libérant la parole, délivré des brimades et de la spirale du silence dans laquelle nos cultures, nos traditions, nos consciences étaient maintenues. En sortant des modèles classiques et censurés de la communication, notre gouvernance, elle aussi, peut s’afficher telle qu’en elle-même sans interprétation et sans filtre. Rien ne retient plus l’Afrique. Elle peut se lancer à la conquête du monde.

La toile a brisé le carcan qui retenait son imagination. C’est le temps de l’innovation et de l’invention ! Il ne tient qu’à la jeunesse, il ne tient qu’à vous, mes chers amis étudiants, de faire de ce nouveau monde, un monde africain ! Avec une projection de 2,5 milliards d’habitants en 2050, un humain sur quatre sera africain. Cette population sera aux trois quarts jeunes, c’est-à-dire vous, vos petits frères et sœurs, vos enfants.

Pour revenir à nos préoccupations plus immédiates, le numérique est d’abord une formidable boîte à outils qui donnent accès à de nouveaux métiers. Les quatre déclinaisons du web, que j’ai citées plus haut du 1.0 au 4.0, constituent un marché d’emplois florissants qu’on peut démultiplier à l’infini.

Un ami professeur, très entendu dans le domaine que j’ai consulté pour les besoins de cette communication m’a révélé qu’il y a une bonne cinquantaine de nouveaux emplois, 47 exactement, rendus possibles dans le cyberespace ! Cela va de la conception des sites Web aux applications des réseaux en passant par la communication et la dématérialisation de l’information.

Pour ne parler que du contenu web, on peut citer, sans être exhaustif : les traitements de l’image, l’infographie, l’habillage artistique de l’information, le web designing, l’action publicitaire, la recherche sur le web, l’archivage électronique. La concentration des données elles-mêmes ouvre de nouveaux sillons comme l’analyse des données, l’expertise en statistiques pour générer de la valeur.

Le design prédictif sur des données de réseau pour par exemple prédire quand la maintenance doit être faite. Le data mining qui étudie les comportements et les tendances. D’autres secteurs en plein essor sont à rechercher dans le référencement sur Internet, l’optimisation du trafic, la gestion des contentieux sur les droits et devoirs liés à l’information, la linguistique informatique, les éditeurs et managers de blogs, etc.

Un domaine qui est encore en friche, celui de la valorisation de nos langues nationales. Elles restent dans notre environnement des véhicules d’éducation, de développement et même de négoce et de promotion. Google Translate comprend déjà 104 langues dont onze langues africaines.

Donc, des profils capables de développer les systèmes de valorisation des données textuelles comme les pages Web, les tweets, les livres numériques sont très recherchés.
Pour conclure

Je vais résumer mon propos. La phrase-clé c’est qu’il y a dans le numérique une formidable opportunité pour la jeunesse africaine de prendre sa place dans l’histoire. La grande histoire du continent nous montre à quel point vos devanciers ont su s’approprier leur rôle à des tournants majeurs.

Un engagement, des décisions et des actes qui ont changé la trajectoire de l’Afrique. Ainsi, il y a eu la jeunesse estudiantine de la fin des années 50 qui s’est élevée pour briser le joug colonial. C’est à eux que nous devons la valse des indépendances.

Ensuite, il y a eu la jeunesse des années 90. Bien que violemment secouée par les bourrasques du vent d’Est, les jeunes sont montés à l’avant-garde pour qu’advienne la démocratie. Un apprentissage très douloureux ici et là, mais qui valait bien la peine.

Alors, je vous vois interrogatifs sur votre touche et le terrain d’expression à conquérir. Si j’avais une boussole à vous donner, ce serait ces mots de Frantz FANON qui résonnent comme un mot d’ordre :

CHAQUE GÉNÉRATION DOIT, DANS UNE RELATIVE OPACITÉ, DÉCOUVRIR SA MISSION, LA REMPLIR OU LA TRAHIR.

Extrait de l’ouvrage « les Damnés de la Terre », paru aux éditions Maspero en 1961…
Certains afro-pessimistes vous présentent comme une génération sacrifiée. N’en croyez rien! Moi, au contraire, fort de ma petite expérience je vous vois comme une génération dorée, privilégiée grâce notamment à votre génie, au numérique et à votre jeunesse.

Chers tous, c’est maintenant que ça commence ! Et vous les « digital natives », cette génération biberonnée au numérique, vous devez redonner à l’Afrique sa juste place dans le concert des nations. C’est à vous de rattraper des décennies de retard.

C’est à vous de reluire l’image de notre continent. C’est à vous de restaurer l’honneur perdu du berceau de l’humanité, source de la sagesse universelle.

Vous le pouvez, vous le devez ! Et pour construire ce cercle vertueux, vous avez entre vos mains la baguette magique du numérique. Vous êtes la génération de la transition de l’obscurantisme digital vers le nouveau monde du tout possible !

George MADIBA et son kiro’o game, Alain NTEFF et son gifted mom, Arthur ZANG et son cardiopad ou plus récemment son Oxynnet qui produit de l’oxygène à usage médical, et Reine NTONE, la petite perle de l’astronomie qui vient de bluffer tout l’univers hightech grâce à une contribution remarquable lors du lancement de la dernière navette spatiale de la NASA…

Je n’ai cité là que quelques noms célèbres, mais il y a toutes ces centaines d’autres jeunes qui contribuent à dessiner le cercle vertueux du numérique. Alors, les yeux dans les yeux, je vous le demande : Que ferez-vous de cet outil ? Que direz-vous aux générations de demain ? Quel compte rendez-vous à notre cher continent ?

Des trois mots-clés qui ont structuré ma communication, je conclus volontiers par un seul, le premier: LE GÉNIE. Vous savez que le génie est capable du meilleur comme du pire, au point qu’il arrive qu’on parle de mauvais génie. Je vous conseille, vous suggère et vous engage à circonscrire le pire et à toujours construire le meilleur.

Par Charles Ndongo
Directeur Général de la CRTV
Sangmélima, le 30 juillet 2020