Éducation : le redoublement, un défi persistant pour le système scolaire sénégalais

Éducation : le redoublement, un défi persistant pour le système scolaire sénégalais
Malgré les réformes engagées depuis plusieurs années, le redoublement demeure un défi majeur pour le système éducatif sénégalais. Au-delà de son impact sur les parcours scolaires, il représente un coût important pour l'État et les familles tout en contribuant au décrochage scolaire. En 2010, les inspecteurs de l’enseignement moyen secondaire avaient adopté un plan d’action visant à ramener le taux de redoublement en dessous de 5 %, contre un objectif de 7 % fixé par le Programme décennal de l’éducation et de la formation (PDEF). Parmi les mesures proposées figurait l’accompagnement des élèves en difficulté à travers des séances de soutien organisées par les cellules pédagogiques. Le coût de ce programme était alors estimé à près de 10 milliards de FCFA sur la période 2010-2015. Les données disponibles à l’époque montraient toutefois un niveau de redoublement élevé. En 2009, le taux atteignait près de 16 % dans l’enseignement moyen et plus de 19 % dans le secondaire. Sur les 472 661 élèves inscrits dans le cycle moyen, plus de 75 000 avaient redoublé. Au fil des années, le phénomène est resté structurel, avec des taux oscillant généralement entre 12 % et 20 %. Selon plusieurs analyses, le redoublement constitue l’un des principaux obstacles à l’amélioration de l’efficacité du système éducatif. Son impact est également financier. En 2010, le coût annuel du redoublement dans le cycle moyen était estimé à près de 3,9 milliards de FCFA. Les projections réalisées à l’époque faisaient état d’un coût cumulé supérieur à 78 milliards de FCFA entre 2010 et 2015 pour l’enseignement moyen et secondaire. Entre 2012 et 2015, le redoublement et l’abandon scolaire représentaient environ 13,7 % des dépenses consacrées à l’éducation. Au-delà de son coût économique, le redoublement peut fragiliser le parcours des élèves. Plusieurs études soulignent qu'il favorise le découragement, augmente les risques d’abandon scolaire et affecte la confiance en soi des apprenants. Il limite également l’accès à l’école en occupant des places qui pourraient être attribuées à de nouveaux élèves. Des pays comme l’Allemagne, la France, l’Égypte ou encore le Ghana ont réussi à réduire significativement leurs taux de redoublement grâce à des politiques éducatives ciblées. Pour de nombreux spécialistes, le Sénégal pourrait également atteindre cet objectif en renforçant les dispositifs d’accompagnement pédagogique et de prévention des difficultés d’apprentissage. Source : Le Soleil
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