Fastef : le creuset de la future élite enseignante du Sénégal (3/3)

Fastef : le creuset de la future élite enseignante du Sénégal (3/3)

À la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (Fastef) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la rentrée universitaire s’ouvre dans une atmosphère mêlant calme studieux et enthousiasme. Sous les arbres qui bordent la cour, les nouveaux admis découvrent leur nouvel environnement académique, conscients d’avoir franchi une étape décisive dans leur parcours. Ici se prépare, année après année, la relève du corps enseignant sénégalais.

Institution de référence pour la formation initiale et continue des enseignants, la Fastef accueille chaque année des centaines d’étudiants issus de concours sélectifs. Malgré les difficultés souvent associées au métier d’enseignant, ces jeunes affichent une motivation intacte, portée par la passion de transmettre et le sens du devoir envers la Nation.

Ancien étudiant en droit, Amadou Ndongo savoure encore son admission. Pour lui, le choix de l’enseignement repose sur une conviction profonde. Il considère cette profession comme un engagement citoyen et un acte de patriotisme. Convaincu que l’éducation constitue un levier essentiel de transformation sociale, il se projette pleinement dans sa formation, déterminé à acquérir les compétences nécessaires pour former les générations futures, après avoir exploré d’autres orientations professionnelles.

Un peu plus loin, Pierre Mbar Faye, récemment inscrit en master en sciences de l’éducation, exprime la fierté d’avoir enfin réussi le concours après plusieurs tentatives. Inspiré par des enseignants qui ont marqué son parcours scolaire, il affirme avoir toujours nourri le rêve d’enseigner. Pour lui, la salle de classe représente bien plus qu’un espace de travail : c’est un lieu de transmission des valeurs et du savoir. Déjà engagé dans la recherche universitaire, il envisage de concilier enseignement et production scientifique.

Même engagement chez Ablaye Faye, en master de sciences de l’éducation, spécialité Histoire-Géographie. Il décrit l’enseignement comme une mission de service public, essentielle au développement du pays. Son camarade Guédj Diouf partage cette vision, soulignant que le métier d’enseignant façonne autant l’élève que celui qui transmet le savoir, exigeant rigueur, patience et sens des responsabilités.

Pour certains, la vocation est aussi une affaire de transmission familiale. Lamine Keïta, inscrit à la chaire Histoire-Géographie, explique avoir grandi dans un environnement marqué par l’enseignement. Avant d’intégrer la Fastef, il a exercé dans le secteur privé, une expérience qui a renforcé son désir de servir l’école publique. Il affirme être prêt à exercer partout où le besoin se fera sentir, convaincu que chaque enfant, qu’il vive en milieu urbain ou rural, mérite les mêmes chances d’accès à une éducation de qualité.

Chez ces futurs enseignants, le sens de l’engagement est omniprésent. Loin d’un choix par défaut, l’enseignement apparaît comme une mission assumée, fondée sur la volonté de contribuer à la construction du pays. À la Fastef, malgré les défis qui attendent la profession, l’espoir demeure : celui d’une génération consciente de son rôle et prête à porter les valeurs de l’école sénégalaise.

Source : https://lesoleil.sn/

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