Le Pr Moussa Seydi, chef du Service des Maladies infectieuses et tropicales du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Fann, a prononcé la leçon inaugurale à l’occasion de la rentrée académique 2025-2026 de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Le thème de son intervention : « Un futur sans pandémie ? Leçons de la Covid-19 ».
Une salle comble pour un sujet d’actualité
La leçon, suivie par de hautres autorités de l’État, des enseignants-chercheurs et des praticiens de santé, a abordé les impacts sanitaires, sociaux et économiques des pandémies. Pour le Pr Seydi, la Covid-19 a été un révélateur des forces et faiblesses des systèmes de santé et des politiques publiques.
« Une pandémie n’est pas qu’un phénomène médical. Elle touche les individus, fragilise les sociétés et ébranle les économies », a-t-il souligné.
Différence entre épidémie et pandémie
L’universitaire a insisté sur la distinction entre épidémie et pandémie :
- Épidémie : augmentation inhabituelle du nombre de cas dans un espace donné.
- Pandémie : extension incontrôlée qui franchit les frontières et touche un continent ou le monde entier.
Selon lui, bien gérer les épidémies permet d’éviter qu’elles ne deviennent des pandémies.
L’approche « One Health » et la prévention
Le Pr Seydi a défendu l’approche « One Health », soulignant que la santé humaine, animale et environnementale sont intimement liées. Négliger l’un de ces piliers fragilise l’ensemble. Il a rappelé que les pandémies ont souvent fait plus de morts que les guerres.
Il a également abordé :
- L’importance de la science comme base de décision en période de crise ;
- La nécessité de lutter contre les fausses informations, notamment sur les vaccins à ARN messager, qui « ne modifient pas le patrimoine génétique » ;
- La prise en compte de la stigmatisation, qui empêche les malades de se faire consulter ;
- L’intégration des nouvelles technologies et la promotion de la souveraineté vaccinale.
Conclusion : préparer l’avenir
Pour le Pr Seydi, les épidémies sont inévitables, mais les pandémies ne le sont pas. Il conclut :
« Une pandémie révèle le meilleur et le pire de l’humanité. À nous d’en tirer la force pour protéger demain. »
Source : https://lesoleil.sn/