La fin du mouvement de grève des syndicats du G7, consécutive à l’accord signé avec le gouvernement le 16 avril, a permis un retour progressif à la normale dans les établissements scolaires. Les élèves ont repris les cours, mais la question du rattrapage des heures perdues s’impose désormais comme un enjeu central.
Dans plusieurs établissements de Dakar, la reprise des activités est visible : uniformes, présence des élèves et reprise du rythme scolaire redonnent vie aux écoles. Cependant, les réalités diffèrent fortement d’un établissement à un autre, révélant une situation pédagogique inégale.
Certains élèves estiment ne pas avoir trop subi les effets de la grève. À l’image d’Astou Ndiaye, élève en classe de 4e à l’école Adama Ndiaye de Grand-Dakar, qui affirme que sa classe est restée globalement à jour grâce à la continuité des enseignements. Son camarade Saliou Ndiaye confirme également que les cours ont été assurés normalement dans leur établissement.
En revanche, la situation est plus difficile dans d’autres écoles. Au CEM Alioune Badara Mbaye Kaba de Niary Tally, Fanta Koma, élève en 6e, explique que plusieurs cours n’ont pas été assurés, notamment en histoire-géographie et en français. Avec la reprise, les enseignants tentent désormais d’accélérer le programme afin de compenser les retards accumulés.
Dans les classes d’examen, la situation semble relativement mieux maîtrisée. Au lycée Kennedy, les élèves de Terminale indiquent que les enseignements ont été globalement maintenus, malgré quelques perturbations ponctuelles en philosophie. Certains établissements ont même profité des vacances pour organiser des séances de réajustement.
En revanche, les classes intermédiaires restent les plus touchées. En Seconde S, Mame Fatou Bâ reconnaît des retards en plusieurs matières et espère que les cours de soutien permettront de combler les écarts. D’autres élèves, notamment en 5e, évoquent de longues périodes sans cours, entraînant un retard significatif dans les apprentissages.
Au lycée Blaise Diagne, les témoignages confirment également une année scolaire perturbée, certains élèves indiquant ne pas avoir encore reçu leurs bulletins du premier semestre. Face à cette situation, les administrations scolaires multiplient les initiatives pour accélérer le rattrapage.
Du côté des responsables d’établissements, des mesures exceptionnelles sont mises en place. La direction du lycée Blaise Diagne prévoit notamment des cours pendant les week-ends, tandis que celle du lycée Kennedy encourage les enseignants à intensifier le rythme, certains ayant même accepté d’enseigner durant les vacances.
Dans plusieurs établissements, des ajustements pédagogiques sont également envisagés pour adapter les évaluations au niveau réel des élèves. Les autorités scolaires insistent sur la nécessité d’un dialogue constant avec les enseignants afin de réussir cette phase de transition.
Au-delà de la simple reprise des cours, l’école sénégalaise entre dans une période décisive, où l’enjeu principal reste de garantir un enseignement équilibré et équitable malgré les perturbations subies.
Source : Le Soleil