Programme « Un étudiant, un ordinateur » : Daouda Ngom dénonce des irrégularités dans les marchés publics

Programme « Un étudiant, un ordinateur » : Daouda Ngom dénonce des irrégularités dans les marchés publics

L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, a été entendu vendredi 16 octobre 2026 par la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Lors de son audition, il a dénoncé plusieurs irrégularités dans la mise en œuvre du projet, estimant que des manquements aux règles de la commande publique remettaient en cause la validité des contrats conclus.

Un marché de près de 6 milliards de FCFA contesté

En fonction entre septembre 2025 et juin 2026, Daouda Ngom affirme avoir découvert, après sa prise de fonction, des anomalies dans la gestion du programme. Il explique que la professeure Mame Penda Ba, directrice du Financement de l’Enseignement supérieur, avait saisi l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) pour signaler les irrégularités constatées.

Selon l’ancien ministre, le rapport de l’ARCOP a relevé plusieurs manquements dans le contrat de fourniture des ordinateurs. Il estime notamment qu’un marché représentant près de 6 milliards de FCFA par an a été exécuté sans respecter les procédures prévues par le Code des marchés publics, ni les recommandations de la Direction centrale des marchés publics (DCMP) et de l’ARCOP.

Daouda Ngom indique également que, dans un document reçu le 21 novembre, l’ARCOP avait établi des irrégularités concernant le programme en 2025 et demandé que les conséquences juridiques et pratiques en soient tirées. Il souligne que ce marché n’aurait pas été porté à la connaissance des instances compétentes, notamment la Commission des marchés, la DCMP et l’ARCOP.

Des contrats dont la validité est remise en question

L’ancien ministre s’appuie sur l’article 27 du Code des marchés publics, qui encadre la responsabilité de la passation des marchés et l’habilitation à signer les contrats au nom de l’autorité contractante. Selon son interprétation, tout contrat signé par une personne qui ne dispose pas de l’habilitation requise est frappé de nullité absolue.

Il considère ainsi que les manquements constatés dans le cadre du programme « Un étudiant, un ordinateur » justifient une remise en conformité avec les règles applicables.

Daouda Ngom a par ailleurs signalé des retards dans la livraison du matériel informatique. D’après ses déclarations, les deux entreprises concernées, Computer Land, chargée de fournir 20 000 ordinateurs, et Campusus, responsable de 5 000 unités, n’auraient pas respecté le délai contractuel de 90 jours.

Une subvention exceptionnelle de 250 000 FCFA par étudiant

Face à ces difficultés, l’ancien ministre explique avoir privilégié une solution alternative : une subvention directe et exceptionnelle de 250 000 FCFA par étudiant bénéficiaire, destinée à l’achat d’un ordinateur. Cette opération a été menée en collaboration avec les services du ministère des Finances, tandis que la gestion des fonds a été confiée à la Direction des bourses.

Selon Daouda Ngom, cette mesure a mobilisé 4,460 milliards de FCFA pour 19 164 étudiants. Il estime que le recours au programme initial aurait entraîné une dépense d’environ 5 milliards de FCFA, sans compter les modems et les frais de connexion à Internet, qui n’étaient pas inclus dans le budget de départ.

L’ancien ministre présente donc cette subvention comme une réponse aux difficultés rencontrées dans l’exécution du programme, destinée à permettre aux étudiants concernés de s’équiper en matériel informatique.

Source : Le Soleil

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