Premier collège d’enseignement moyen de Sédhiou à l’époque où la ville relevait du département de Kolda, le CEM Amadou Mapathé Diagne fait aujourd’hui face à un important sureffectif et à une dégradation avancée de ses infrastructures. Plus de quarante ans après sa construction, l’établissement n’a jamais bénéficié de travaux de réhabilitation, une situation qui préoccupe fortement les acteurs éducatifs.
SEDHIOU – L’équipe pédagogique du Collège d’enseignement moyen (CEM) Amadou Mapathé Diagne est montée au créneau, mercredi 28 janvier, pour alerter sur l’état de délabrement avancé de leur établissement, situé dans le quartier de Santassou.
Construit entre 1980 et 1981, le collège n’a, selon les enseignants, jamais été réhabilité depuis sa mise en service. Aujourd’hui, il accueille 1 154 élèves répartis dans 18 salles de classe physiques et 22 salles pédagogiques, une situation qui engendre un important sureffectif.
« Les élèves de 6e et de 5e sont parfois assis à trois, voire à quatre sur une même table. Ce sont les difficultés avec lesquelles nous travaillons au quotidien. En tant qu’acteurs du système, nous voulons attirer l’attention des autorités », a déclaré Paul Daniel Mansaly, professeur de lettres portugaises et membre de l’équipe pédagogique.
Des infrastructures inadaptées aux exigences actuelles
Malgré ses bons résultats scolaires, le CEM Amadou Mapathé Diagne souffre d’un déficit criant d’infrastructures. L’établissement est présenté comme un collège d’élite dans l’académie de Sédhiou, mais le réseau électrique y est quasi inexistant, dans un contexte où le numérique prend une place croissante dans les pratiques pédagogiques.
Le bloc administratif fait également défaut. Les cinquante membres du personnel d’encadrement et d’enseignement se partagent une seule toilette. « La salle des professeurs, exiguë, ne peut même pas accueillir tout le personnel lors des pauses de 10 heures », a ajouté M. Mansaly.
Des conditions difficiles pour les élèves, surtout les filles
La situation des sanitaires destinés aux élèves est particulièrement préoccupante. Selon les enseignants, leur état de délabrement pénalise surtout les filles.
« Elles sont parfois obligées de quitter l’enceinte de l’école pour solliciter les maisons voisines afin de faire leurs besoins. Les conditions ne sont vraiment pas adéquates pour un apprentissage de qualité », a dénoncé le professeur.
S’exprimant à l’issue d’une réunion de l’équipe pédagogique, Paul Daniel Mansaly a lancé un appel pressant aux autorités compétentes afin qu’elles interviennent rapidement pour améliorer les conditions de travail et d’apprentissage au sein de cet établissement, au bénéfice des élèves de toute la région.
Source : https://lesoleil.sn/