Le Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique (SELS/A) se désolidarise du mouvement de grève de 72 heures lancé par le G7, l’intersyndicale de l’enseignement, pour les 21, 22 et 23 octobre 2026. Son secrétaire général, Pape Mbaye Marie Sylla, invite les membres du syndicat à poursuivre les cours et à maintenir les élèves dans les classes.
Un mouvement jugé inopportun en début d’année scolaire
Lors d’un point de presse tenu au siège du syndicat, à Rufisque, Pape Mbaye Marie Sylla a exposé les raisons de cette position. La première concerne le calendrier choisi pour la mobilisation.
Selon lui, la grève intervient trop tôt dans l’année scolaire, alors que plusieurs établissements n’ont pas encore démarré les enseignements dans des conditions satisfaisantes. Le manque d’enseignants, l’insuffisance de tables-bancs et l’absence d’abris provisoires figurent parmi les difficultés signalées.
Le responsable syndical estime également que le contexte est particulièrement délicat dans certaines localités, notamment à Dakar et à Kaolack, où des établissements sont confrontés aux conséquences des inondations.
Dans ces conditions, le SELS/Authentique considère qu’un arrêt de travail de trois jours risque de pénaliser davantage les élèves, alors que la reprise effective des apprentissages reste un défi pour plusieurs écoles.
Un désaccord sur le protocole d’accord
La deuxième raison avancée par le syndicat porte sur sa position concernant le protocole d’accord conclu avec le gouvernement.
Pape Mbaye Marie Sylla estime que ce texte ne prend pas suffisamment en compte les principales revendications des enseignants et qu’il ne comporte pas d’échéancier précis pour leur satisfaction.
Le SELS/A rappelle qu’il n’avait pas approuvé la signature de ce protocole, après quatre mois de mobilisation syndicale. Pour son secrétaire général, participer aujourd’hui à une grève visant à obtenir l’application d’un texte auquel le syndicat s’était opposé manquerait de cohérence.
Le syndicat entend ainsi maintenir sa position et privilégier une approche fondée sur la défense de revendications qu’il considère comme prioritaires.
Les revendications que le syndicat souhaite voir examinées
Malgré son opposition au mouvement de grève du G7, le SELS/Authentique appelle le gouvernement à engager un dialogue qu’il souhaite sincère et inclusif.
Parmi les principales revendications qu’il met en avant figurent :
- la revalorisation des pensions de retraite des enseignants décisionnaires ;
- une gestion plus rigoureuse des carrières ;
- l’accélération du traitement des actes administratifs des enseignants décisionnaires ;
- le relèvement de l’âge de départ à la retraite à 65 ans ;
- la correction définitive des inégalités salariales.
À travers cette prise de position, le SELS/Authentique marque donc son désaccord avec la stratégie de mobilisation du G7, tout en réaffirmant la nécessité de négociations sur les revendications professionnelles des enseignants.
Source : Le Soleil