Intelligence artificielle : l’ANSTS appelle les chercheurs à préserver l’intégrité scientifique

Intelligence artificielle : l’ANSTS appelle les chercheurs à préserver l’intégrité scientifique

L’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS), en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a appelé les chercheurs à placer l’éthique et l’intégrité intellectuelle au centre de leurs travaux, dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle générative. Le message a été porté lors de la célébration de la Journée mondiale de l’éthique, organisée mercredi à Dakar.

L’éthique, une boussole pour la recherche scientifique

La rencontre a réuni des doctorants et de jeunes chercheurs autour des enjeux de l’intégrité scientifique face au développement rapide de l’intelligence artificielle (IA). Elle a été organisée par l’ANSTS avec l’UCAD, à travers l’École doctorale Études sur l’homme et la société (ED-ETHOS) et la Direction de l’animation culturelle et scientifique.

Membre de la commission Éthique et déontologie de l’ANSTS, le professeur Anta Tall Dia a souligné l’importance de cette réflexion, notamment en raison de l’utilisation croissante de l’IA générative dans les différentes étapes de la recherche, de la collecte et de l’analyse des données jusqu’à la publication des résultats.

Elle a rappelé que l’éthique constitue un repère essentiel pour distinguer les pratiques acceptables de celles qui contreviennent aux exigences de la recherche scientifique.

Prévenir le plagiat et la manipulation des résultats

Le recours à l’intelligence artificielle nécessite, selon la professeure Anta Tall Dia, une vigilance particulière afin de prévenir le plagiat, la falsification des données et la diffusion de résultats erronés.

Elle a notamment mis en garde contre les conséquences que peuvent avoir des travaux scientifiques manipulés sur les décisions publiques. Les controverses apparues pendant la pandémie de Covid-19 illustrent, selon elle, les risques liés à la production ou à la diffusion d’informations scientifiques peu fiables.

La chercheuse a également insisté sur le rôle des comités d’éthique et des instances de révision scientifique dans le contrôle des publications et le retrait des articles dont la fiabilité est remise en cause.

Si l’intelligence artificielle peut constituer un outil utile pour les chercheurs, elle ne saurait toutefois remplacer le jugement humain ni les principes de responsabilité, de justice et d’honnêteté qui doivent guider la production des connaissances.

Apprendre à utiliser l’IA avec discernement

Pour le professeur Ramatoulaye Diagne Mbengue, présidente de la commission Éthique de l’ANSTS et ancienne rectrice de l’Université de Thiès, l’enjeu n’est pas d’interdire le recours à l’intelligence artificielle, mais de former les étudiants et les chercheurs à une utilisation réfléchie et responsable.

Elle a notamment alerté sur la tendance à présenter des contenus générés par l’IA comme des productions personnelles, sans en reconnaître l’origine. Une telle pratique risque, selon elle, d’affaiblir l’esprit critique et de limiter la capacité des chercheurs à élaborer leurs propres idées.

À travers cette célébration, l’ANSTS et l’UCAD ont ainsi rappelé la nécessité d’adapter les pratiques de recherche aux évolutions technologiques, tout en préservant les exigences d’intégrité, de transparence et de rigueur indispensables à la crédibilité scientifique.

 Source : Le Soleil

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